Les tensions entre les services publics, la vie d’un territoire et leur financement sont de plus en plus fortes. La baisse des dotations de l’État, au moins en France, est une réalité que tout habitant connaît dans sa localité. Dans ces circonstances, la culture est l’une des premières cibles des réductions de dépenses publiques. Ainsi, quand on les subit, maintenir une politique culturelle sur un territoire relève d’un véritable engagement et nécessite d’innover techniquement, politiquement et budgétairement.

C’est dans ce contexte qu’émerge, depuis 2008, le principe de mutualisation des services entre collectivités. Pour Libre Informatique, acteur professionnel des logiciels libres, cette solution tombe sous le sens et fait partie de son code génétique. Concrètement, Libre Informatique pratique d’ores et déjà la mutualisation entre ses clients et usagers. Nous mettons à disposition de tous les efforts permis par le financement d’un client particulier sur un développement spécifique (principe fondateur des logiciels libres). Des formations inter-structures sont à l’étude. Il est arrivé que le coût de développements spécifiques ait été supporté explicitement par plusieurs commanditaires distincts.

« Les économies possibles sont importantes »

Plus récemment, suite à des échanges avec plusieurs prospects, la mise en contrat de cette mutualisation de fait est devenue une réalité encore plus officielle : des Métropoles, des Communautés d’Agglomération et parfois même des groupements de structures privées nous ont demandés de répondre à des appels d’offre ou des marchés publics de cet ordre. Disposant par exemple de quatre salles de spectacle, d’une école de musique et d’un musée d’art moderne, quel sens cela aurait de payer autant de déploiements, de licences, etc. ? Forcément, la concurrence habituée à la facturation de licences par poste et par utilisateur ou à la facturation par commissions sur les ventes, n’a pas les moyens de répondre pleinement à ces besoins de mutualisation et d’économie d’échelle. Pour autant, fonctionnant sous licences libres, sans commission, sans frais de licences, les économies possibles à terme avec Libre Informatique sont importantes et intéressantes pour tous (ce qui est conforme aux déclarations du 1er Ministre en 2013).

« L’arrimage Apollo-Souyouz »

Cependant cette culture des licences, des commissions, etc. est très implantée, à la fois chez les commanditaires et chez les fournisseurs « traditionnels ». Ainsi quand il est question de répondre à un marché public relevant de la mutualisation et des économies d’échelle, avec ses lots, ses tranches, ses options et que le Bordereau des Prix est façonné sur le modèle des licences/commissions, cela ressemble souvent pour nous à l’arrimage Apollo-Souyouz du Test Project : c’est une gageure. Difficile de présenter la meilleure offre, tant les incertitudes sont grandes, tant la présentation des données est segmentée, tant la manière d’afficher ses prix doit être formatée.

« Réduire les coûts des situations de rente »

Mutualiser devrait permettre, avant toute autre économie, de réduire les coûts des situations de rente en préservant la rémunération du travail de création et de diffusion. Pour en profiter réellement il faut repenser radicalement l’approche des appels d’offre, privés comme publics. Alors nous pourrons relever les différents défis auxquels nous sommes confrontés.

Bibliographie