« Depuis cette année l’Institut de recherche et de coordination accoustique-musique (Ircam) à Paris fait appel à Libre Informatique, une petite coopérative quimpéroise, pour la gestion de sa billetterie. »

Un article des pages économie du journal régional Le Télégramme du 25 juin 2015, signé Jacky HAMARD.

Gildas Le Moal, Bevlhay Ferrand, Baptiste Simon et Mick Loeffel, l’équipe de Libre Informatique.

Pourquoi l’institut aussi prestigieux hébergé au centre Georges-Pompidou et reconnu à l’international, le plus important au monde en recherche et production de musique contemporaine avec ses 150 musiciens et chercheurs, est-il allé trouver une TPE quimpéroise pour la gestion de sa billetterie ?

Le cloud : « Les données ne nous appartiennent plus »

« J’avais entendu parler de Libre Informatique cela fait plusieurs années. Il y a deux ans, je suis retourné regarder ce qu’elle faisait et je l’ai mis en contact avec ma direction », explique Laurent Ghys, jeune retraité et « irresponsable informatique » de l’Ircam pendant 24 ans comme il se définit. « L’Ircam est aussi un centre de recherche informatique, on a toujours utilisé des logiciels libres, on en produit », souligne-t-il. Pourtant pour la billetterie, « le logiciel libre ce n’était pas un absolu ». « Tous les systèmes de billetteries modernes sont dans le nuage, les données ne nous appartiennent plus. Beaucoup de structures sont en train de déchanter », explique Laurent Ghys. Une propriété qui n’échappe pas à l’Ircam avec le logiciel « e.venement » d’ailleurs installé physiquement à l’institut. « Le fait d’être tout petit fait de Libre Informatique des gens très dynamiques, leur base de données est fiable. Le festival de l’Ircam en juin s’est très bien passé », ajoute-t-il. Et le logiciel gère tout autant la billetterie, les relations publiques et une petite boutique.

Ni licences, ni commissions

« Nos clients gardent leur pleine propriété. Notre modèle économique n’est pas basé sur les licences et une commission sur chaque billet vendu. Le logiciel est lié à l’outil, à la communauté pas à notre entreprise, c’est une assurance sur sa pérennité », ajoute Mick Loeffel, responsable commercial. « Nous installons le logiciel dans les règles de l’art et de sécurité, nous assurons la formation et le suivi, nous fournissons un certificat fiscal », précise Baptiste Simon. Une rémunération au service qui permettrait des économies de l’ordre de 30 % à 40 % assure la société créée en 2006 et transformée en coopérative l’an dernier à Quimper.

À l’Opéra de Paris « par la petite porte »

Une méthode qui a aussi permis à Libre Informatique d’entrer « par la petite porte » à l’Opéra national de Paris avec la billetterie des concerts extérieurs et de la compagnie du troisième étage. Très Tôt Théâtre et le Festival de Cornouaille à Quimper… Libre Informatique travaille avec une trentaine de collectivités pour la billetterie d’équipements surtout culturels, parfois sportifs. « Nous sommes de plus en plus approchés par des métropoles », indique Mick Loeffel. La coopérative a été retenue pour une assistance de maîtrise d’ouvrage à la réalisation d’un cahier des charges pour mutualiser les équipements de Nantes Métropole.

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